La rédaction scientifique

La rédaction scientifique

mars 19, 2018 Uncategorized 0

 

Vous trouverez sur internet de nombreux guides de rédaction scientifique dont plusieurs liens vous seront proposés dans cet article. Les règles et les codes de la rédaction diffèrent fortement selon la nature de l’écrit : article scientifique, article de « vulgarisation », demande de financement, manuscrit de thèse, etc…

Pourtant il existe une règle commune à tout bon écrit !

Comment rédiger : la règle PQQC.

Règle n°1 : Ne pas oublier Pourquoi j’écris.                    

L’écriture comme toute communication humaine est toujours réalisée dans le but d’obtenir un résultat :  convaincre, communiquer une connaissance, etc…

Exemple 1 : la demande de financement.

Je cherche à obtenir un financement, Quelles informations y recherche mon lecteur ? Les scientifiques, souvent « obsédés » par l’exactitude des détails scientifiques oublient cette question. Le lecteur d’une demande de financement y recherche certains critères, par exemple il doit avoir l’impression d’un projet à la fois ambitieux et excitant à financer, mais tout de même réaliste. Ainsi, il est déplorable d’écrire un très bon texte, bien construit, mais de ne pas avoir fourni la seule information attendue par le lecteur pour prendre sa décision. Ainsi, posez-vous la question, que veut apprendre mon lecteur sur mon projet ?

Si l’exactitude scientifique est toujours primordiale, une myriade de détails inutiles est bien souvent retrouvée dans une demande de financement, l’empêchant d’être percutante.

Exemple 2 : La justification Crédit d’impôt recherche.

J’ai écrit une justification de CIR (Crédit d’impôt recherche), il ne s’agit pas de convaincre de financer un projet, mais de sa nature de « recherche » et non d’ingénierie maîtrisée. L’utilisation bien employée de certains mots-clés et expressions permettent faire passer au lecteur le message d’un contexte de R&D. De même, des itérations et des schémas de démarche scientifique doivent ressortir.

Ainsi, contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire d’être spécialiste d’un sujet pour le présenter de façon pertinente. il est parfois au contraire plus judicieux de confier la tache de l’écriture à un non spécialiste de votre sujet, qui saura se détacher émotionnellement des points de détails inutiles qui encombrent la rédaction, et choisir des termes percutants.

Règle n°2 : Comprendre pour Qui j’écris  ?                                   

L’erreur des mauvais écrits provient souvent de l’absence de capacité à se mettre à la place du lecteur : Quelles sont ses connaissances ? Cette question est hautement délicate, et elle est au cœur de la rédaction de vulgarisation. Certains mots, qui paraissent évidents au scientifique, seront opaques au lecteur, et l’empêcheront de comprendre le propos. De plus, si certains mots sont bien connus du grand public, il n’est pas impossible qu’ils y associent un sens erroné ou approximatif. il est donc nécessaire de bien définir de façon simple mais exact les mots introduits. Les schémas sont souvent bien plus porteurs de sens que les mots !!

Règle n°3 : Identifier dans quel contexte ?

Reste ensuite quelques questions de détails : Dans quel contexte le lecteur va-t-il lire mon écrit ? ce texte va-t-il être lu en diagonal ou en détails, ce qui va influer sa taille et sa présentation ?

Ainsi, l’art de rédiger, s’il est inné pour certains, réponds toujours à un certain nombre de règles en réalité des plus simples qui répondent à deux questions : Pour qui, pour quoi, dans quel contexte !

Les guides et astuces pour les écrits scientifiques

Organiser ses idées

Une fois cet outil de question PQQC (Pour quoi ? Pour qui ? Dans quel contexte ?), l’art du bon rédacteur sera d’adapter son style, la quantité de détail attendue, d’organiser ses idées au mieux. Car l’art décrire n’est pas tant une question de style que d’arrangement des idées.

Ecrire c’est synthétiser, le trop est l’ennemi du mieux : sélectionner les informations percutantes et les mettre dans l’ordre. (Most graduate writers who are struggling with their writing are actually struggling with their thinking).

Ainsi, s’il est parfois difficile d’écrire, c’est bien que l’on a pas mis ses idées dans l’ordre. Il ne faut pas écrire si je ne suis pas capable d’expliquer à l’oral mon idée, même devant mon miroir, ou simplement mon chat.

Ma sélection de tutoriels

Vous trouverez ici une liste d’articles intéressant concernant les techniques et outils de la rédaction scientifique :

Une vraie bible de la rédaction : blog Actualités des sociétés de rédacteurs et des revues biomédicales

Rédaction d’articles scientifiques ; TURBEK, SP. et al.Scientific Writing Made Easy: A Step‐by‐Step Guide to Undergraduate Writing in the Biological Sciences. The Bulletin of the Ecological Society of America, 2016, vol. 97, no 4, p. 417-

Next Scientist : Les astuces pour faire face à l’utilisation de l’anglais.

Et pour finir : un cours de rédaction scientifique bien imagé.

Les ultimes conseils de rédaction !

De tous les écrits il faut reconnaître néanmoins que l’article scientifique rentre dans un cadre quelque peu particulier, notamment car il se rédige dans une langue étrangère. Pour le reste, et parmi cette profusion de conseils, quelque soit les écrits, il convient d’appliquer le PQQC, et de partir avec les idées bien ordonnées. Mon dernier conseil est de ne pas avoir peur de tout déconstruire pour recommencer : ne pas s’attacher à son écrit est le meilleur moyen de toujours pouvoir l’améliorer !

De l’aide pour ma rédaction ?

Mes collègues chercheurs… pour la science

Je ne saurai que vous conseiller de faire relire votre travail ! Evidemment chacun ira de son commentaire, l’un corrigera l’autre, qui le re-corrigera. S’il ne faut pas tomber dans la correction à l’infinie, la relecture permet d’identifier les gros points de blocage et d’incompréhension.

Finalement ce n’est pas parce-qu’il s’agit de rédaction scientifique que les règles des écrivains ne s’appliquent pas à vous, puisque par exemple vous pouvez bien souffrir du syndrome de la page blanche ! Donc, comme un écrivain, lisez ! Lisez les demandes de financements des autres membres de votre équipe, les introductions de thèses de vos amis thésards, etc…. Cela créera un cycle d’entraide dans votre laboratoire. Vous pouvez même créer un club d’aide à la rédaction !

Mon entourage personnel… pour la vulgarisation

La question du « Pour Qui » prends ici toute sa place. Si votre texte a pour but de toucher un public non-scientifique… alors faites-le tout simplement lire par un non-scientifique ! Vérifiez que votre texte et compréhensible !

Laisser du temps à l’écriture

Toujours laisser reposer l’écrit. Ne pas rester le nez dans son manuscrit de thèse, ou son article. Posez-le, et reprenez-le quelques jours plus tard. En revanche ce n’est pas une raison pour y passer toute votre vie. Un écrit peut toujours être améliorer, modifié, cela reste un travail subjectif. Ainsi, identifier en amont le temps à y consacrer. Par exemple pour une demande de financement : une journée d’écriture, deux jours de repos, une journée d’écriture, une relecture par un tiers, une journée d’écriture, puis je le relis le lendemain pour les faites de frappes, et je l’envoie ! Ecrire, c’est aussi savoir se lancer !

Bonne rédaction scientifique à tous !

 

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